Verres simples, bifocaux ou progressifs : quelle différence?

Le verre simple foyer corrige une distance, le bifocal deux avec une ligne visible, le trifocal trois, et le progressif toutes les distances sans ligne. Les différences au quotidien, qui en a besoin, les verres pour l'ordinateur et le temps d'adaptation.

Publié le

Par Michel Geha, O.O.D.

Verres simples, bifocaux ou progressifs : quelle différence?

Un verre simple foyer corrige une seule distance, de loin ou de près. Un verre bifocal réunit deux zones, une pour le loin et une pour le près, séparées par une ligne visible. Un verre progressif passe graduellement du loin au près, sans ligne, en couvrant aussi la distance moyenne, comme celle d'un écran d'ordinateur.

Qu'est-ce qu'un verre simple foyer?

Un verre simple foyer a une seule puissance sur toute sa surface. Il corrige une seule distance : la vision de loin pour une myopie, une hypermétropie ou un astigmatisme, ou la vision de près, comme une paire de lunettes de lecture.

L'American Academy of Ophthalmology (AAO) décrit le cas de personnes qui portent des lunettes simple foyer pour voir de loin, en plus de lunettes de lecture pour le travail de près. C'est justement pour éviter de changer de paire que les bifocaux et les progressifs existent.

Carte : Verre simple foyer. Une seule puissance. Pour le loin, ou pour le près. Myopie, hypermétropie, astigmatisme.
Un verre simple foyer a une seule puissance sur toute sa surface : il corrige soit la vision de loin, soit la vision de près.

Qu'est-ce qu'un verre bifocal?

Un verre bifocal corrige deux distances, le loin et le près, dans le même verre. Selon l'AAO, ses deux zones de puissance sont séparées par une ligne visible. La partie du bas sert à la lecture, et le reste du verre à la vision de loin.

La zone de lecture, qu'on appelle le segment, peut avoir le haut droit (on parle de bifocal « à ligne droite » ou FT, pour flat-top) ou rond. Sa largeur, en millimètres, détermine la largeur du champ de lecture.

Carte : Verre bifocal. Deux zones : loin et près. Une ligne visible. Le bas sert à lire.
Selon l'American Academy of Ophthalmology, un verre bifocal corrige la vision de loin et de près, avec deux zones séparées par une ligne visible.

Et les verres trifocaux?

Un verre trifocal ajoute une troisième zone, pour la distance moyenne. Selon l'AAO, il a trois zones, pour le près, la distance moyenne et le loin, séparées par des lignes visibles.

L'AAO explique qu'on pense la vision en trois distances : de près pour lire, moyenne pour l'ordinateur ou un jeu de cartes, et de loin pour conduire. Un bifocal en couvre deux, un trifocal les trois, mais la vision est souvent floue entre ses trois zones, comme entre les marches d'un escalier.

Carte : Verre trifocal. Trois zones : loin, milieu, près. Deux lignes visibles. Comme des marches d'escalier.
Le trifocal ajoute une zone pour la distance moyenne. L'AAO le compare à un escalier : chaque zone est une marche.

Comment fonctionne un verre progressif?

Un verre progressif augmente sa puissance graduellement, du haut vers le bas, sans ligne. Selon l'AAO, on regarde par le haut du verre pour voir de loin, par le milieu pour la distance moyenne et par le bas pour voir de près.

L'AAO le compare à une rampe plutôt qu'à des marches : il donne une vision nette aux trois distances, et aussi entre elles. Il convient en particulier aux personnes qui portaient déjà des lunettes de loin et qui ont maintenant besoin d'aide pour lire. Notre guide des lunettes progressives donne plus de détails.

Carte : Verre progressif. Haut : de loin. Milieu : distance moyenne. Bas : de près. Sans ligne, comme une rampe.
Dans un verre progressif, la puissance augmente graduellement du haut vers le bas, sans ligne. L'AAO le compare à une rampe plutôt qu'à des marches.

Quelle différence entre bifocal et progressif au quotidien?

La ligne fait la principale différence. Avec un bifocal ou un trifocal, l'AAO décrit un « saut d'image » : quand le regard traverse la ligne, les objets changent d'un coup de netteté et semblent changer de position. Le progressif évite ce saut grâce à sa transition douce.

En échange, l'AAO note que le progressif peut créer une distorsion sur les côtés quand on bouge les yeux de gauche à droite, et qu'il demande une période d'apprentissage, puisqu'aucune ligne ne guide le regard. Beaucoup de gens préfèrent tout de même les progressifs pour l'absence de ligne, selon l'AAO.

Carte : Au quotidien. Bifocal : saut d'image à la ligne. Progressif : pas de saut. Progressif : flou sur les côtés.
Selon l'AAO, les verres bifocaux et trifocaux causent un « saut d'image » à la ligne; les progressifs l'évitent, mais peuvent créer une distorsion sur les côtés.

Qui a besoin de verres bifocaux ou progressifs?

Surtout les personnes atteintes de presbytie, la difficulté à voir de près qui vient avec l'âge. Selon l'Association canadienne des optométristes (ACO), elle se remarque habituellement entre 40 et 45 ans, quand le cristallin perd son élasticité, et progresse jusqu'à la fin de la quarantaine ou le début de la cinquantaine.

L'ACO cite plusieurs façons de la corriger : les lunettes de lecture, les verres bifocaux, trifocaux ou progressifs, et les verres de contact. Le National Eye Institute rappelle que beaucoup de gens ont un autre défaut de la vue en plus de la presbytie, comme la myopie ou l'astigmatisme.

Carte : La presbytie, après 40 ans. Souvent entre 40 et 45 ans. Lunettes de lecture. Bifocaux ou progressifs. Verres de contact.
Selon l'Association canadienne des optométristes, la presbytie se remarque habituellement entre 40 et 45 ans, et se corrige de plusieurs façons.

Combien de temps faut-il pour s'habituer aux verres progressifs?

D'une semaine à quelques mois, selon l'AAO. Pour raccourcir cette période, elle conseille de faire ajuster les verres par un professionnel et de les porter le plus souvent possible.

Ses conseils pour les premiers jours : pointez le nez vers ce que vous voulez voir et montez ou baissez le menton jusqu'à ce que l'image soit nette. En marchant, regardez par le haut du verre : dans un escalier, regarder par le bas peut faire paraître vos pieds plus gros. En cas de fatigue ou de mal de tête, faites une pause. Notre article sur l'adaptation aux verres progressifs va plus loin.

Carte : S'habituer aux progressifs. Une semaine à quelques mois. Le nez vers ce qu'on regarde. Marcher : regarder par le haut.
L'AAO compte d'une semaine à quelques mois pour s'adapter aux verres progressifs, et conseille de pointer le nez vers ce qu'on veut voir.

Et les verres pour l'ordinateur?

Ce sont des verres pensés pour la distance de l'écran. Selon l'AAO, les lunettes d'ordinateur sont une variante des progressifs qui réserve plus de place à la distance moyenne, celle d'un écran placé à environ 50 à 65 cm (20 à 26 pouces) du visage.

L'AAO indique qu'elles peuvent réduire la fatigue des yeux et faciliter le passage d'une distance à l'autre pour les personnes qui travaillent beaucoup à l'ordinateur. Parlez-en à votre optométriste si l'écran occupe une grande partie de votre journée.

Carte : Verres pour l'ordinateur. Plus de place au milieu. Écran à environ 50 à 65 cm. Une variante du progressif.
Les verres pour l'ordinateur sont une variante des progressifs qui donne plus de place à la distance moyenne, celle d'un écran à environ 50 à 65 cm, selon l'AAO.

Faut-il porter ses lunettes tout le temps?

Ça dépend de vos besoins. Selon l'ACO, si la presbytie est votre seul défaut de la vue, vous aurez peut-être besoin de lunettes seulement pour le travail de près, comme lire ou utiliser l'ordinateur.

Si vous passez souvent d'une distance à l'autre, l'ACO note que porter vos lunettes tout le temps peut être plus pratique, et que des verres multifocaux ou progressifs peuvent alors mieux convenir. L'ACO ajoute qu'entre 40 et 55 ans, il faut habituellement mettre ses lunettes à jour tous les deux ou trois ans.

Carte : Tout le temps, ou pas. Lecture seulement : au besoin. Plusieurs distances : en continu. Votre optométriste conseille.
Selon l'ACO, porter ses lunettes tout le temps dépend de vos autres besoins de vision : si vous passez souvent d'une distance à l'autre, des verres progressifs peuvent mieux convenir.

Comment choisir entre simple foyer, bifocal et progressif?

Le choix dépend des distances dont vous avez besoin au quotidien et de votre ordonnance. Une seule distance : un verre simple foyer. Le loin et le près, avec une ligne visible qui ne vous dérange pas : un bifocal. Toutes les distances sans ligne : un progressif.

Selon l'ACO, c'est votre optométriste qui trouve le type de verre qui vous aidera à voir clairement. Pour lire les chiffres qui en découlent, notre article comment lire son ordonnance de lunettes explique la valeur ADD, celle qui donne la puissance de lecture.

Carte : En résumé. Simple : une distance. Bifocal : deux, avec ligne. Trifocal : trois, avec lignes. Progressif : toutes, sans ligne.
Les quatre types de verres en un coup d'œil, d'après les définitions de l'AAO et de l'ACO.

Où faire faire ses verres bifocaux ou progressifs à Montréal?

À PrimeVision, au 9520, boulevard de l'Acadie, bureau 222, à Montréal (Ahuntsic), des optométristes et un opticien d'ordonnances travaillent sous le même toit. L'examen de la vue pour adultes comprend les tests de vision et d'ordonnance, l'examen de la santé des deux rétines et une imagerie OCT. En boutique, l'opticien d'ordonnances, Michel Geha, O.O.D., commande des verres simples foyer, des progressifs et des bifocaux; pour les bifocaux, la clinique travaille avec des segments à ligne droite de 28 ou 35 mm de large (FT-28, FT-35) et des segments ronds de 24 ou 28 mm. La boutique compte plus de 4 000 montures, pour une vaste gamme de prix. La RAMQ couvre les examens de la vue des enfants de moins de 18 ans et des adultes de 65 ans et plus.

Pour voir les options de verres, consultez notre page lunettes d'ordonnance à Montréal. Si vous vous demandez si vos lunettes actuelles suffisent encore, lisez notre article sur les signes qu'il faut de nouvelles lunettes.

Carte : À PrimeVision. Optométristes et opticien. Bifocaux FT-28, FT-35, ronds. Plus de 4 000 montures. Ahuntsic, à Montréal.
À la clinique PrimeVision, à Montréal : des optométristes et un opticien d'ordonnances, des bifocaux à segment droit (FT-28, FT-35) ou rond, et plus de 4 000 montures.

Sources

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Cet article est informatif et ne remplace pas un examen de la vue.

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